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Extrait de ma lettre de candidate à la candidature au Conseil National 2019

“La Suisse de demain sera celle que les décideurs d’aujourd’hui impactent. Elle est en pleine évolution, les inégalités se creusent et les pauvres sont toujours plus pauvres, la classe moyenne étouffe sous les charges tout en ne touchant aucune aide, et la concurrence européenne et mondiale se fait sentir dans le domaine économique,

En période d’incertitude, les gens se réfugient d’autant plus vite dans le populisme qui tend à répondre de manière binaire aux problèmes posés. Ce type de message, simple et efficace, débouche rarement sur des politiques concrètement applicables. La technique de trouver un coupable à nos soucis quotidien est rassurante mais ne prend nullement en main le futur de notre pays.

Face à cette montée des extrêmes, le PDC a un rôle central à jouer. Il est celui qui veut faciliter le quotidien des citoyens, et trouver des consensus qui soient vivables pour le plus grand nombre. Sa réflexion doit continuer de se moderniser, d’être progressiste, de proposer des solutions. Il doit apprendre à mieux communiquer pour contrer les populistes de tout bord. Nous avons l’occasion de nous attaquer aux problèmes environnementaux qui ne sont ni de gauche ni de droite mais la responsabilité de chacun, nous devons être innovants sur notre système de santé qui pèse sur les soignants, les patients et l’Etat au bon vouloir des assurances, nous pouvons être leaders car la droite fait l’autruche et la gauche n’a pas changé de stratégie depuis 30 ans alors que le contexte est totalement différent.

Alors je rêve. Je rêve que ma Suisse de demain soit celle où mes enfants puissent grandir en paix, dans un contexte environnemental sain, où l’industrie ne dicte pas nos habitudes de vie. Qu’ils puissent faire des vrais choix, le jour où eux-mêmes souhaiteront avoir des enfants, comme celui de travailler ou pas et à quel pourcentage, celui du moyen de garde mis en place, et pas des choix simplement financiers. J’aimerais que l’horizon des possibles leur appartienne, dans une Suisse qui donne sa chance à chacun de s’insérer dans la société avec succès grâce à un système de formation performant. Une Suisse où hommes et femmes sont égaux à l’heure où l’ont dit qu’être féministe n’est pas nécessaire alors que les écarts salariaux et de traitement sont là. Une Suisse qui s’occupe de ses retraités avec un financement des rentes qui soit pérenne, qui valorise les relations intergénérationnelles et le contact humain. Une Suisse qui a su prendre le virage du numérique en l’abordant comme une opportunité et non comme une menace, en anticipant les changements que cela implique dans le monde du travail et dans certains secteurs d’activité. Une Suisse qui n’a pas peur de l’étranger mais qui tisse et construit des liens avec, qui n’oublie pas son histoire et garde sa tradition humanitaire et humaniste malgré les craintes légitimes amenées par le terrorisme ces dernières années. Une Suisse qui informe, qui forme, qui apprend aux citoyens à vivre ensemble dans le respect de nos différences, qui combat l’ignorance qui amène à la peur et à la haine. Une Suisse qui a toujours su se construire par une démocratie participative et un pluralisme des partis présents dans nos instances dirigeantes.

Je rêve aussi d’un parlement fédéral qui ne soit plus aux bottes des lobbys quels qu’ils soient, qui prend ses décisions uniquement en fonction du bien commun. Enfin, j’aimerais souligner qu’il est de nature connue que le PDC Genève a une vision sur le plan cantonal qui diffère parfois du parti suisse, il est perçu comme plus progressiste et ouvert. C’est cette ligne que je défendrai car je suis persuadée que c’est celle-ci qui permettra au PDC de continuer à exister et à faire valoir des idées porteuses, qui réunissent et qui réussissent. Ceux qui me connaissent savent que même minorisée, je n’ai aucune crainte à faire entendre ma voix mais respecte le consensus du groupe.

Je ne sais pas précisément de quoi demain sera fait, mais je suis convaincue de vouloir y participer. Je pourrais dire que je veux mettre mes compétences à disposition de mon parti. C’est vrai. Mais pas seulement. J’aimerais aujourd’hui que mon parti me donne l’opportunité de défendre ses valeurs, de m’investir pour notre pays et son avenir. Mes choix et mon parcours de vie me confrontent depuis longtemps à des situations complexes et je pense pouvoir répondre aux challenges de la Suisse d’aujourd’hui pour construire l’avenir. J’ai à cœur de porter à Berne les préoccupations spécifiques du canton de Genève sur des sujets fédéraux car les enjeux sont grands notamment en termes de santé, de mobilité et de relations avec l’Europe. J’aimerais que le PDC Genève puisse voir en moi une personne capable de relever les défis du monde politique actuel.”

Chêne-Bougeries, janvier 2019