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En préambule, je tiens à souligner que je ne suis pas contre le principe d’une assurance dentaire ou la prise en charge des frais dentaires mais contre cette proposition précise.

  1. Les prestations couvertes : elle ne couvrirait pas la prévention (élément central des soins dentaires qui a fait reculer la carie de près de 90% en 15 ans !) ni les soins esthétiques comme les implants les couronnes, l’orthodontie etc. Aînée d’une famille de 7 enfants, nous sommes plusieurs à avoir eu besoin de frais esthétique et mes parents ont choisi de payer malgré les sommes importantes. Je leur en suis reconnaissante. Mais cette initiative n’aurait fait qu’alourdir les charges financières sans rembourser quoi que ce soit.
  2. Le financement proposé : un prélèvement paritaire sur les salaires et les impôts. Je ne peux me résoudre à faire payer à tout le monde une assurance qui ne couvrirait que peu de choses, surtout les familles et la classe moyenne qui peine de plus en plus à boucler ses fins de mois. Pour les personnes actives, elles gagneraient plusieurs centaines de francs en moins par année, tout en payant des impôts. Elles seraient doublement prélevées.
  3. Afin de lutter cependant pour que la population puisse avoir accès à ces soins je m’engage à :
    1. Insister sur la prévention, à charge de l’Etat, car on sait qu’elle influence énormément la santé dentaire. J’ai notamment déposé un texte avec un collègue médecin visant à taxer l’industrie sur le sucre dans les aliments, et dont le produit de la taxe pourrait être investi dans les soins dentaires et la prévention, notamment chez les enfants.
    2. Le service genevois des repères et indicateurs statistiques vient justement de sortir tout un dossier sur la santé bucco-dentaires des élèves genevois qui relève les éléments suivants :
      • La santé bucco-dentaire des élèves genevois s’est améliorée au cours des 25 dernières années. En 2017, 54% d’entre eux ont des dents saines (exemptes de lésion initiale, de carie ou d’antécédents de carie) contre 40% dans les années 1990.
      • À l’entrée en 1P, près de 30% des élèves ont déjà une lésion dentaire à soigner ou ont déjà eu une carie traitée dans le passé.
      • Au total, dans l’enseignement primaire régulier et spécialisé, plus de 11’000 élèves avaient besoin de soins dentaires durant l’année scolaire 2017-18, dont plus de 600 en urgence.[1] La propension à avoir des caries est en partie liée à la précarité sociale et à la migration d’où l’importance de la prévention dans les écoles qui est égalitaire.
      • A savoir que les dossiers sont suivis puisque lorsqu’un traitement est recommandé, il est vérifié qu’il soit fait notamment par l’infirmière scolaire.
    3. Assurer une prise en charge par l’Etat des frais dentaires de ceux qui n’ont pas de moyens financiers (prestations complémentaires) en revoyant régulièrement les conditions d’accès pour qu’elles soient le plus adaptées à la situation économique actuelle des habitants du canton.
  4. En résumé je refuse une assurance trompeuse, qui vise à faire payer des sommes importantes pour un catalogue de prise en charge minime et imprécis !

[1]
Source : https://www.ge.ch/document/ris-e3-depistage-dentaire-milieu-scolaire-analyse/telecharger